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Influence de la saison et de la sévérité des feux récents sur la régénération de l’épinette noire dans la pessière noire à mousses du Québec
Direction :
Serge Payette

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Les feux de forêt font partie intégrante de la dynamique naturelle de la forêt boréale. Au Québec, en ce qui concerne le domaine de la pessière noire à mousses, qui est le domaine bioclimatique le plus vaste de la province, le feu joue un rôle majeur au sein du régime de perturbations naturelles. L’épinette noire (Picea mariana (Mill.) BSP.), qui est bien adaptée à la reproduction après-feu, domine ce domaine bioclimatique. Les cônes semi-sérotineux que porte l’épinette noire assurent la libération massive des graines sous l’effet d’une chaleur intense, ce qui lui permet de se régénérer à la suite d’un feu. Cependant, pour que la régénération de l’épinette noire soit assurée, les conditions au sol doivent être propices à la germination des graines et à la survie des semis. La sévérité d’un feu, définie comme étant l’épaisseur de matière organique consumée par le feu, est déterminante quant à la qualité des lits de germination dans un site après un incendie. Les endroits où le sol minéral est exposé ou recouvert d’une mince couche de mousses à la suite du passage d’un feu sévère représentent de meilleurs lits de germination pour les graines d’épinette noire que ceux où la matière organique a été peu ou pas brûlée par un feu peu sévère. La sévérité du feu détermine aussi le type de végétation qui s’établit immédiatement après un feu. Dans le cas d’un feu peu sévère, les parties souterraines de plusieurs espèces d’arbustes et d’autres plantes demeureront intactes, ce qui permet aux espèces capables de se multiplier végétativement à l’aide des organes souterrains de proliférer après le feu. Dans le cas d’un feu sévère qui atteint le sol minéral, les parties souterraines de ces espèces sont détruites, et alors seules les espèces végétales dont les organes souterrains pénètrent le sol minéral peuvent s’établir par multiplication végétative immédiatement après le feu. La sévérité d’un feu est donc un aspect très important à considérer lorsqu’on s’intéresse à la régénération après-feu des espèces arborescentes de la forêt boréale. Hors, la sévérité des feux, qui dépend de l’âge de la forêt brûlée, de la densité des tiges, de la saison à laquelle se produit le feu (au printemps versus en été) et des conditions climatiques, risque d’être altérée par les changements climatiques. Ce projet de recherche vise ainsi à mieux comprendre l’impact de la saison et de la sévérité des feux sur la régénération de l’épinette noire dans la pessière à mousses du Québec dans le but d’élaborer des scénarios de régénération crédibles dans un contexte de changements climatiques. Pour ce faire, la régénération de l’épinette noire établie suite à différents feux sera étudiée en fonction de la saison et de la sévérité du feu, tout en considérant les caractéristiques propres de la forêt brûlée qui peuvent influencer la régénération de l’épinette noire. À la lumière des informations contenue dans la littérature scientifique, on s’attend à ce que la sévérité des feux de printemps soit moindre que celle des feux d’été. Conséquemment, la régénération de l’épinette noire dans les sites de feux d’été devrait généralement être supérieure à celle trouvée dans les sites de feux de printemps.