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Dynamique de la végétation des hauts sommets alpins de la forêt boréale
Direction :
Serge Payette

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La forêt boréale couvre environ 70 % de la superficie du Québec. Elle est caractérisée par une mosaïque de peuplements forestiers de densité et d’âge variables créée par le feu, le principal agent perturbateur de la forêt boréale. Plusieurs hauts sommets de collines au sein de la forêt boréale sont couverts par une végétation de toundra qui a remplacé, à une certaine époque, une végétation forestière. La flore des sommets de toundra comprend un assemblage d’espèces arctiques-alpines et d’espèces boréales en proportion variable selon les conditions des sites, c’est-à-dire l’altitude, la latitude et le temps écoulé depuis l’ouverture de la forêt. L'objectif de cette étude est d'établir un inventaire de la végétation arctique-alpine des hauts sommets alpins du biome boréal en fonction de la latitude et de l'époque du déboisement. La végétation alpine sera analysée en fonction de l'altitude, de l'âge de la déforestation ou de l'ouverture de chaque site de toundra, des conditions de sol, de la surface occupée par la toundra de chaque sommet et de la distance de ce dernier par rapport aux principales régions-sources de la toundra forestière et de la toundra arctique. La région à l'étude comprend les Monts des Éboulements, les Montagnes Blanches, les Monts Otish et les environs du réservoir Caniapiscau et du lac Bienville, entre 70 °O et 72 °O. Dans chaque site, on calcule la fréquence d'apparition de chaque espèce végétale le long de deux transects de 75 m de long. Des charbons de bois sont prélevés à l'interface horizon organique/sol minéral afin de dater au radiocarbone les feux reliés à la présence ancienne de forêts sur chaque sommet de toundra étudié. Les sols de chaque site sont également caractérisés (pH, épaisseur de la matière organique et granulométrie) pour s'assurer de leur similarité. On détermine également la structure d’âge et la structure de taille des populations d’espèces arborescentes qui occupent les hauts sommets de toundra, afin d’évaluer leur état de progression ou de régression en fonction des conditions ambiantes. Deux sommets sont sélectionnés dans chacune des régions le long du transect latitudinal afin d'évaluer la biodiversité des sites de toundra en fonction de la latitude et de leur âge depuis le déboisement. La recherche est faite en vue d'évaluer l'ancienneté et la résilience des espèces arctiques-alpines en fonction des conditions actuelles et des changements climatiques éventuels favorisant éventuellement un retour de la forêt boréale de haut sommet.