courriel : gabriel.magnan.1@ulaval.ca

Fréquence passée des feux dans les tourbières ombrotrophes de la région de Radisson, Québec nordique.

Direction : Martin Lavoie
Co-direction : Serge Payette

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Dans les régions boréales, le feu est la perturbation écologique naturelle la plus importante. Au Québec nordique, si la fréquence des feux dans la forêt boréale est maintenant bien connue pour le dernier siècle grâce notamment à la dendrochronologie, il en est autrement pour les tourbières.  Souvent considérées comme des barrières à la propagation des feux, de nombreuses tourbières ombrotrophes du Nord du Québec sont caractérisées par la présence d'horizons de charbons de bois en surface et dans leur stratigraphie, ce qui suggère que le feu affecte aussi ces écosystèmes de manière récurrente.    L'objectif principal du projet est de reconstituer, à une échelle de temps plurimillénaire, la chronologie des feux pour trois tourbières ombrotrophes situées dans la région de la localité de Radisson (53°N; 77°O).  Les objectifs spécifiques sont : 1) de retracer les feux passés survenus lors de la phase ombrotrophe des tourbières à l’aide d’indicateurs paléobotaniques, 2) de calculer la fréquence des feux et les intervalles de temps entre les feux successifs, et 3) de retracer les successions végétales après-feu au sein de ces écosystèmes.    Pour  atteindre ces objectifs, des carottes de tourbes ont été récoltées en deux points d’échantillonnage pour chacune des tourbières. Des analyses paléoécologiques à fine résolution stratigraphique (1 cm) seront réalisées. La chronologie des feux ayant affecté les tourbières sera établie à l’aide de l'analyse des charbons de bois macroscopique (>150 μm) qui sont des indicateurs de feux locaux.  Les successions végétales après-feu dans les tourbières seront déterminées par l'analyse des macrorestes végétaux (pièces végétales des plantes vasculaires et des sphaignes). Grâce à un cadre chronologique précis basé sur des dates par SMA et au plomb-210, il sera possible d'estimer le temps écoulé entre deux feux consécutifs, et de vérifier si la fréquence des feux a varié au cours du temps en fonction des caractéristiques des tourbières et des conditions environnementales.  Enfin, la fréquence des feux dans les tourbières sera comparée avec celle des forêts régionales déduite de l’analyse pollinique et des charbons de bois microscopiques à haute résolution stratigraphique d’une carotte d’un des sites.