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Origine et dynamique à long terme des érablières du Québec
Direction : Serge Payette


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Les érablières dominent la zone de forêt à feuillage décidu du Québec méridional. Plusieurs études sporopolliniques montrent que les érablières ont persisté, depuis leur établissement au cours de l'Holocène, jusqu'à aujourd'hui. Ce sont des écosystèmes à l'équilibre maintenus par une dynamique de trouées, caractérisée par des perturbations de faible sévérité. Toutefois, la présence de charbons de bois dans le sol d'érablières témoigne du passage du feu dans le passé. La présence des espèces boréales et le climat sec qui caractérisait le Québec méridional à l'Holocène inférieur ont pu créer des conditions propices à la propagation du feu dans les sites maintenant occupés par l'érablière. Le premier objectif de ce projet est de reconstituer l'historique des feux et la composition en espèces des forêts depuis la déglaciation, jusqu'à l'établissement des érablières. Le second objectif est d'évaluer le rôle de la dominance de la forêt feuillue tempérée dans la diminution de la fréquence de feux. Afin de répondre à ces objectifs, nous procéderons à la récolte d'échantillons de sol et à l'extraction des charbons de bois dans quatre érablières de régions différentes, soit à Mont-Saint-Pierre, en Gaspésie, à Rivière-Éternité, au Saguenay, dans le canton de Lingwick, en Estrie, et à Rémigny, au Témiscamingue. Après le passage du feu, les charbons de bois macroscopiques sont enfouis lorsqu’un ou plusieurs chablis perturbent le sol. Les charbons incorporés au sol peuvent ainsi être préservés indéfiniment. Les charbons récoltés seront identifiés à l'aide des critères anatomiques du bois et seront datés au 14C par spectrométrie de masse. Cette méthode s’avère être un outil paléoécologique efficace pour la reconstitution in situ de l’historique des feux.